Les personnages : du rouge dans le gaz

 

 

« Il n’est pas parfait... il ne parle pas russe ! », poursuit-il.

-« Il l’apprendra » répond le Directeur Général Adjoint du groupe Gazair apparemment séduit par la description qu’il vient d’entendre.
-« Il n’a jamais été en URSS non plus », surenchérit Jérôme Leroy.

-  « Eh bien, on est sûr qu’il n’a pas pris de mauvaises habitudes ! » Content de sa remarque, Edmond Girel s’interroge. « Mais j’ignorais que nous avions une telle personne chez nous, comment se nomme-t-il ? »

 

 

« J’ai trente cinq ans, un petit garçon et je vis avec ma mère dans un appartement avec une chambre dans la banlieue éloignée de Moscou. Ces logements, des kommunalka, regroupent plusieurs familles qui cohabitent dans des appartements collectifs dans lesquels les habitants se partagent la cuisine et les sanitaires.  »

« Je travaille pour le KGB comme gradée et si nous faisons affaire ensemble, je vais devoir faire un rapport chaque mois . Je ne veux pas coucher avec vous.  »

 

 

 

« J’ai effectivement fait mes études supérieures à l’université de Moscou; en plus du russe, ma langue maternelle, et du français, je parle aussi couramment anglais. »

« Cette connaissance des langues étrangères répond à notre attente mais nous inquiète quelque peu car l’apprentissage des langues étrangères est sous l’emprise du KGB , surtout pour les jeunes femmes ...  Elle aurait du en parler !... »

 

 

«  L’homme bien renseigné qui répondait à la question qu’il venait de me poser devait mesurer un mètre quatre-vingt cinq. Il avait un visage écussonidal, ses cheveux auraient voulu avoir été bien coupés, d’aspect gras dû à l’utilisation répétée d’un mauvais shampoing, leur couleur tirait vers le châtain foncé. Ses yeux clairs sans réelle couleur traduisaient un usage abondant d’alcool. Lorsqu’il ouvrait la bouche, on découvrait des dents irrégulières marquées de traits sombres. Tout de suite, on sentait chez cet homme introverti tous les efforts qu’il avait dû faire pour s’exprimer. Sa poignée de mains était tremblante parce qu’il avait peur. Son costume gris à rayures était trop grand pour lui, le nœud  de sa cravate rouge froissée ne devait jamais être défait. Ses chaussures en cuir tressé n’étaient pas de saison. »